Question écrite et réponse sur les revendications des sages-femmes

Texte de la question

Mme Christine Pires Beaune attire l’attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les préoccupations des sages-femmes, qui ont fait part de leur mécontentement à travers un mouvement de grève suivi dans plus de 150 maternités et plus de 60 % de cabinets libéraux. Alors qu’elles déplorent que, depuis 20 ans, leurs conditions de travail se détériorent, mettant à mal la permanence et la qualité des soins auprès des femmes et des nouveau-nés, rien n’est proposé pour donner à la profession plus de moyens et rendre le métier plus attractif. De nombreuses maternités continuent de fermer, ne parvenant pas à recruter de sages-femmes. La profession défend ainsi plusieurs mesures telles que la création d’une sixième année d’études afin d’acquérir l’ensemble des compétences qu’exige la profession et améliorer le bien-être étudiant ; la révision des décrets de périnatalité qui permettraient de reprendre en charge les femmes dans des conditions décentes, soutenues entre autres par le Collège national des gynécologues-obstétriciens ; la création d’un statut médical pour les sages-femmes en accord avec le code de la santé publique. Aussi, elle souhaite que le Gouvernement indique les mesures qu’il entend prendre pour améliorer le statut des sages-femmes et leur donner plus de moyens afin d’améliorer la prise en charge de leurs patientes.

Texte de la réponse

Le ministre des solidarités et de la santé a pleinement connaissance du rôle joué par l’ensemble des sages-femmes et par leur engagement auprès des patientes durant la crise sanitaire et pour leur rôle déterminant dans la vaccination. Il souhaite rappeler que cette profession médicale est bien sûr concernée par les Accords du Ségur de la Santé signés en juillet 2020 pour marquer concrètement la reconnaissance de la nation envers la mobilisation exemplaire des soignants durant la crise sanitaire. Les sages-femmes hospitalières ont bénéficié dès décembre 2020 de la revalorisation socle (CTI) de 183 € nets mensuels et sont éligibles à la rémunération liée à l’engagement collectif dans des projets d’amélioration des pratiques, de qualité et sécurité des soins qui leur permettront de percevoir une prime allant jusqu’à 100 euros nets mensuels en moyenne. Conscient que la profession de sage-femme doit être reconnue à sa juste valeur au sein de notre système de santé, le ministre avait missionné l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pour analyser la situation et formuler des recommandations sur les missions de la profession qui ont beaucoup évolué récemment, le statut hospitalier et la formation en maïeutique.  A la suite de ce rapport remis en juillet 2021, le ministre a repris un dialogue nourri avec les représentants de la profession. Les discussions ont abouti à un accord global et à la signature le 22 novembre, avec une majorité d’organisations syndicales représentatives (FO, CFDT, UNSA) et la Fédération hospitalière de France (FHF) d’un protocole pour les sages-femmes de la fonction publique. Dans ce cadre, plusieurs mesures ont été actées qui consacrent des avancées importantes pour la profession : – Une revalorisation de 500 euros nets mensuels pour les sages-femmes hospitalières comprenant : 183€ de complément de traitement indiciaire, 78€ de revalorisation de la grille indiciaire qui va être mise en place et prendra effet en mars 2022. Cette grille sera transposée dans la fonction publique territoriale, 240€ de prime d’exercice médical à compter de février 2022, qui reconnait ainsi la spécificité de la profession et traduit la création d’une filière médicale dans la FPH. Cette prime sera également versée aux sages-femmes contractuelles. Ces revalorisations seront transposées dans le secteur privé lucratif et non lucratif. – La prolongation du doublement du taux de promu-promouvables dans la fonction publique hospitalière sur la période 2022-2024, soit un taux porté à 22 %. – La publication d’une instruction sur les principaux enjeux relevés par la profession concernant les modalités organisationnelles et de travail à l’hôpital (développement de la filière médicale dans la fonction publique hospitalière, gestion RH par les directions des affaires médicales, accès à la formation continue, rôle et place des coordonnateurs en maïeutique, incitation au développement des unités physiologiques dans les maternités…). Au-delà des termes de cet accord, le Gouvernement a pris plusieurs engagements : – La création d’une 6ème année de formation en maïeutique qui s’appliquera dès la promotion 2022/2023. Les modalités opérationnelles seront définies par une mission flash « IGAS-IGESR » (Inspection générale de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui rendra ses conclusions au premier trimestre 2022. – Pour le secteur libéral, la finalisation de la discussion sur l’avenant conventionnel n° 5 entre la Caisse nationale d’assurance maladie et les syndicats professionnels, incluant l’entretien post natal précoce, signé le 17 décembre 2021. – La publication d’ici la fin de l’année des décrets concernant les maisons de naissance, la mise en place de la sage-femme référente ainsi que l’expérimentation par les sages-femmes d’IVG instrumentale dans un cadre hospitalier. Le décret n° 2021-1526 relatif aux maisons de naissance a été publié au Journal officiel du 27 novembre. Ces mesures représentent un engagement du Gouvernement de 100 M€ pour 2022. Elles marquent la reconnaissance de l’engagement, des missions spécifiques des sages-femmes et de leur statut de profession médicale. 

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