Communiqué de presse du groupe socialistes et apparentés : Budget 2021 : où est la relance ? Seulement 35 des 100 milliards d’euros annoncés sont inclus dans le budget 2021

Le gouvernement vient de présenter son projet de budget pour 2021. À l’image du plan de relance qu’il a vocation à mettre en œuvre, ce budget ne répond pas à l’urgence de la crise ni ne prépare l’avenir, contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Économie et des Finances.

·      Ses mesures sont insuffisantes : seulement 35 (dont 10 milliards d’euros provenant du plan de relance européen) des 100 milliards d’euros annoncés sont inclus dans le budget 2021. Or pour la relance, il faut un choc de confiance. Il aurait fallu engager au moins le double de crédits budgétaires pour encourager une mobilisation de l’épargne de précaution des Français et redresser la confiance des entreprises ;

·      Ses mesures arrivent trop tard. La plupart seront mises en œuvre en 2021, quand il aurait fallu agir dès le début de l’été 2020, comme l’a fait l’Allemagne et comme nous l’avions demandé lors de la présentation de notre plan de rebond le 9 juin dernier : https://bit.ly/planrebondEn prenant son temps, le gouvernement a fait perdre du temps à la France et aux Français ;

·      Ses mesures sont injustes. Elles oublient les Français les plus pauvres en ne prévoyant aucune mesure pour soutenir leur pouvoir d’achat, alors que beaucoup ont connu des baisses de revenus. Elles oublient également les Français les plus aisés, à qui il ne sera demandé aucune contribution supplémentaire. Le gouvernement fait le choix de financer son plan de relance exclusivement par la dette, porte ouverte à de futurs efforts demandés à tous les Français. Nous proposons le rétablissement d’un impôt sur la fortune, le relèvement de la fiscalité sur les revenus du capital et une réforme de l’impôt sur les successions ;

·      Ses mesures ignorent les conséquences des nouvelles restrictions sanitaires. Il y a urgence à soutenir nos artisans, nos TPE et PME des secteurs de l’hébergement, de la restauration et de l’événementiel et les acteurs du monde de la culture et du sport. Les crédits du fonds de soutien doivent être renforcés et la prise en charge publique du chômage partiel doit être relevée ;

·      Ses mesures sont d’un autre temps. Nous ne pensons pas que la période appelle à une nouvelle baisse du nombre de fonctionnaires, comme ce budget le prévoit. Nous ne pensons pas non plus que la priorité soit de supprimer, sans contrepartie et sans ciblage sur les entreprises qui en ont le plus besoin, 10 milliards d’euros d’impôts dits de production, mesure qui n’aura aucun impact à court terme. La priorité doit être donnée à la lutte contre le chômage et à la transition écologique et nous continuerons à défendre, lors des débats parlementaires, le conditionnement des aides de l’État à un comportement éthique des grandes entreprises : non-versement de dividendes, respect des enjeux environnementaux, absence d’activités dans un paradis fiscal…

·      Ses mesures oublient que la relance viendra des territoires. Il n’y aura pas de rebond sans reprise de l’investissement des collectivités, qui portent 70 % de l’investissement public dans notre pays. Or le PLF 2021 ne comprend aucune nouvelle mesure visant à consolider les finances des collectivités, pourtant durement mises à mal par la crise.

Le budget 2021 n’est pas à la hauteur de la crise inédite que nous traversons. Le gouvernement n’a pas pris la mesure de l’urgence, pour les Français comme pour notre tissu économique, et s’entête dans une politique unijambiste de l’offre en totale inadéquation avec un objectif de relance à court terme.

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