Ratification du traité CETA

Vous trouverez ci-dessous mon intervention contre la ratification du traite CETA : M. le président. La parole est à Mme Christine Pires Beaune. Mme Christine Pires Beaune. Nous avons entendu, depuis des heures, de nombreux arguments contre la ratification du CETA. S’il fallait retenir une seule raison pour ne pas la voter mardi, ce serait, je pense, le réchauffement climatique. Il est temps de prendre un virage stratégique. Or cet accord ne contient aucune clause explicite et contraignante pour protéger le droit de l’État et des collectivités locales à prendre des mesures contre le réchauffement climatique. Si l’on veut vraiment le combattre, il faut tout changer, et d’abord aller vers une relocalisation des activités économiques, et vers une régionalisation de notre économie. M. Paul Molac. Très bien ! Mme Christine Pires Beaune. Il ne s’agit pas d’un retour au protectionnisme – c’est une caricature – mais tout simplement de logique et, si j’ose dire, de bon sens paysan. Les pays d’Europe, d’Amérique du Sud et d’Amérique du Nord doivent avant tout échanger entre eux, au sein de leurs ensembles régionaux respectifs, pour limiter les déplacements et l’empreinte carbone. Les grands accords comme le CETA ou le traité avec le Mercosur appartiennent à l’ancien monde, celui des vingt dernières années du XXe siècle, celui de l’ultra-libéralisme dévastateur pour les hommes et pour la planète. S’il faut appliquer un principe, je pense que ce serait un principe de subsidiarité économique : si les agriculteurs peuvent produire et trouver en Europe de quoi nourrir leurs bêtes, il n’y a pas lieu d’importer du soja brésilien transgénique dont la culture dévore, de surcroît, les espaces forestiers amazoniens. Pour d’autres produits, comme le café, on continuera évidemment d’importer. Vous l’aurez compris, vous pouvez caricaturer, vous pouvez promettre encore et encore, ce traité porte les germes d’une catastrophe écologique et sociale – écologique, à cause de l’augmentation des échanges transatlantiques, sociale, à cause de la disparition de milliers d’exploitations agricoles. Ce sera le plus grand plan social de ces dernières années ; eh bien, ce sera sans nous, et vous – vous seuls – en porterez la responsabilité. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)

Partager :
  • Twitter
  • Facebook