Débat Orientation des Finances Publiques 2019 : les Ministères du Travail et de la Cohésion des territoires à nouveau à la diète

Les principales baisses de crédits dans le cadre du budget 2019 vont concerner très fortement le ministère du Travail (-2,07 milliards) et celui de la Cohésion des territoires (-1,16 milliard) selon un document qui nous a été remis aujourd’hui par le Gouvernement. Nous pouvons donc, fort logiquement, en déduire la fin des contrats aidés au moment où le chômage se maintient à un niveau très élevé, une nouvelle baisse des APL de 5 euros environ par mois dès 2019.

 

Concernant les collectivités territoriales, il convient de noter également, la baisse de crédits de la mission « Relations avec les Collectivités Territoriales » à hauteur de 230 millions d’euros. S’achemine-t-on vers une réduction des crédits d’investissement et une baisse de la DETR ou du DSIL ?

 

Selon ce document, neuf “missions” verront leurs crédits diminuer par rapport au budget prévu pour l’année 2018. Dix-neuf missions verront au contraire leur budget augmenter, tandis qu’une dernière mission verra son budget se stabiliser.

 

Ces évolutions en “volume” n’intègrent toutefois pas les chiffres de l’inflation, attendue à près de 1,75% l’an prochain — ce qui fait qu’un budget stable en volume reculera en réalité au regard de l’évolution des prix.

 

Parmi les ministères gagnants, on retrouve la Défense qui percevra 1,70 milliard d’euros de plus qu’en 2018, la Solidarité, l’insertion et l’Egalité des chances, qui gagnera 1,33 milliard, et l’Enseignement scolaire, qui bénéficiera de 750 millions d’euros supplémentaires.

 

Le document remis aux parlementaires ne précise pas le nombre de suppressions de postes de fonctionnaires induites par ces décisions budgétaires, un chiffre pourtant très attendu.

 

En effet, Emmanuel Macron a promis au cours de sa campagne pour la présidentielle 120.000 suppressions de postes au cours du quinquennat, dont 50.000 sur le périmètre de l’Etat et 70 000 pour les collectivités territoriales. Dans le cadre du budget 2018, 1.571 suppressions de postes avaient été décidées dont 295 ETP pour l’Etat, ce qui signifie que le gouvernement, pour respecter son objectif doit encore supprimer 48 500 postes sur le périmètre Etat, voire ? selon la Cour des Comptes, 68 000 si l’on tient compte des 19 500 postes qu’il s’est engagé à créer dans la justice, la sécurité et l’éducation. Où sont prévues ces coupes, à quelle hauteur en 2019 ? aucune réponse ce matin de la part des ministres Lemaire et Darmanin.

 

Selon la trajectoire prévue par le gouvernement, le déficit public devrait atteindre 2,3% en 2019, puis 1,1% pour 2020 et 0,6% pour 2021, avant de revenir à l’équilibre (0%) en 2022.

 

Ces prévisions n’intègrent toutefois pas la reprise de la dette de la SNCF, décidée par le gouvernement, mais que Bercy n’a toujours pas intégrée à ce stade dans sa trajectoire budgétaire.

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