Commission des finances : rapport d’information sur le transport stratégique

Mon intervention lors de la présentation du rapport sur le transport stratégique devant la commission des finances le 28 mars 2017 :

Mme Christine Pires Beaune. Je vous remercie, monsieur le président, de vos mots pour Henri Emmanuelli, que je n’ai malheureusement côtoyé que pendant cinq ans. S’il était brut et rugueux, il n’en avait pas moins l’intérêt général chevillé au corps.

Monsieur le rapporteur, entretenons-nous des relations avec les États-Unis dans le secteur du transport stratégique ? Avons-nous passé des contrats avec eux ? L’accession de Donald Trump à la présidence risque-t-elle de modifier ces relations ?

Nous constatons que, compte tenu des délais de construction des appareils et de l’âge avancé de certains matériels, le transport stratégique appelle une planification de long terme. Le transport stratégique fait-il l’objet de discussions au sein des instances européennes ? Car c’est à cet échelon que nous devrions conduire cette réflexion.

Si le rapport n’est pas forcément aimable pour les exécutifs qui se sont succédé, je n’ai pas voulu les accabler pour autant. Aussi, à Christine Pires Beaune, j’indique que nous sommes totalement dépendants des États-Unis, singulièrement pour le ravitaillement en vol. Nous pourrions noircir le tableau en montrant que, sans les États-Unis, nous ne pourrions conduire aucune opération de chasse aérienne.

C’est cela la réalité : nous ne pouvons pas transporter nos troupes sans les Russes et les Ukrainiens, et nos Rafale ne peuvent voler sans les Américains.

Lorsque l’on est conscient de cette situation, on ne peut qu’avoir la préoccupation de trouver des solutions de moindre dépendance et de diversification des sources. Cela passe par une extension du domaine patrimonial, ce que Bernard Cazeneuve et Louis Giscard d’Estaing proposaient en 2011 ; acheter un ou deux Antonov il y a cinq ou six ans aurait coûté 200 ou 300 millions d’euros.

Mme Christine Pires Beaune. Et l’Europe ?

M. le rapporteur spécial. La situation est compliquée : oui, l’Europe devrait être la solution. L’OTAN se fonde sur deux systèmes, le système américain et le système SALIS ; or les deux connaissent les fragilités que nous avons évoquées.

Les problèmes que je soulève sont complexes, et je n’ai pas solution miracle à proposer ; en revanche, ce n’est pas parce que la solution est difficile à trouver que nous ne devons pas desserrer l’étau de la dépendance.

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