Mon intervention sur le PLF 2014

Je suis intervenu ce mercredi 16 octobre à la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre de la discussion générale sur le Projet de Loi de Finances pour 2014.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo ainsi que le compte-rendu intégral reprenant cette intervention.

Assemblée nationale – XIVe législature
Session ordinaire de 2013-2014
Compte rendu intégral

Première séance du mercredi 16 octobre 2013


“M. le président. La parole est à Mme Christine Pires Beaune.

Mme Christine Pires Beaune. Nous avons voté l’année dernière un budget de souveraineté, un budget de combat, un budget de redressement de nos comptes publics avec, c’est vrai, un effort fiscal très lourd car il y avait urgence à agir. Et cette urgence était due aux déficits dont nous avons hérité. Je rappellerai qu’en 2011 le déficit public demeurait supérieur à 100 milliards d’euros, comme l’avait confirmé la Cour des comptes. La crise économique était loin d’expliquer à elle seule l’augmentation de la dette de 600 milliards. Et je ne parlerai pas à cette tribune des bombes à retardement que l’ancienne majorité nous a laissées en héritage. Je pense par exemple aux contentieux avec Bruxelles.

Ce déficit public s’accompagnait d’un déficit de confiance en l’action publique. Certaines actions que nous estimons injustes parce que favorisant des plus privilégiés, à l’image du bouclier fiscal, ont entamé notre cohésion sociale, voire notre pacte républicain. Mais ce qui compte aujourd’hui c’est que cet effort demandé aux Français n’a pas été vain. Le déficit s’est réduit nettement : de 5,3 % en 2011 il est estimé cette année à 4,1 %, créant la confiance nécessaire pour une reprise économique, certes modeste, mais qui est là puisqu’elle atteint 0,5 % au deuxième trimestre 2013. Mais le plus important, c’est la courbe du chômage des jeunes qui s’est inversée depuis quatre mois. C’est une excellente nouvelle.

Pour 2014, notre objectif est et doit rester la relance de la croissance pour un redémarrage de l’emploi et donc une inversion globale de la courbe du chômage.

Monsieur le ministre, le projet de loi finances que vous nous proposez est entièrement tourné vers cet objectif et je m’en félicite. C’est ainsi que les crédits de la mission « Emploi et travail » connaissent une évolution de 1 milliard d’euros par rapport à ce qui était prévu par la loi de programmation triennale. C’est une mobilisation sans précédent pour soutenir directement l’emploi à travers la création de 150 000 emplois d’avenir pour les jeunes de moins de vingt-cinq ans. Le soixante-millième contrat a été signé récemment ; nous devons tous nous en réjouir. Le projet de loi de finances pour 2014, c’est aussi le financement de 100 000 contrats de génération et le renforcement des moyens humains dédiés à Pôle emploi. En Auvergne, par exemple, après six trimestres de baisse consécutive, les déclarations d’embauche repartent à la hausse puisqu’elles augmentent de 1,3 % sur un an.

À côté de ces aides directes à la création d’emploi, de nombreuses mesures pour relancer la croissance et donc favoriser l’emploi trouvent leur traduction dans ce texte. Citons la création d’un PEA-PME ou de la nouvelle tranche d’investissement d’avenir dotée de 12 milliards d’euros, ou encore le soutien au secteur du bâtiment qui, comme le savons tous, génère de nombreux emplois.

Mais ce plan n’est pas réalisé au détriment du redressement des comptes. Nous en réduisons le rythme pour ne pas casser la croissance au moment où elle repart. Nous devons garder le cap fixé parce qu’il est bon, parce qu’il est juste, nous prendrons simplement un peu plus de temps pour l’atteindre.

Pour ajuster nos comptes publics, nous avons décidé de faire porter l’effort sur la réduction des dépenses qui se montera à 18 milliards d’euros, dont 2 provenant de la lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale et 15 qui proviendront d’économies sur les dépenses publiques par rapport à leur évolution spontanée.

Alors, j’entends dire, mesdames et messieurs qui siégez à la droite de cet hémicycle, que nous n’irions pas assez loin. Mais que proposez-vous ? Vous nous dites d’abord que ce qu’il faudrait à notre pays, c’est moins de dépenses et moins d’impôts. Je ne vois vraiment pas pourquoi les Français pourraient croire ce slogan électoral alors que vous avez continuellement augmenté les dépenses et les impôts pendant les dix années où vous étiez aux responsabilités !

Mme Monique Rabin. Très bien !

M. Alain Fauré. Très juste !

Mme Christine Pires Beaune. Vous nous ressortez vos vieilles recettes qui pourraient se résumer ainsi : faire des économies en supprimant arbitrairement quinze mille postes de fonctionnaires, pour dégager des crédits permettant de diminuer les impôts des foyers fiscaux les plus aisés.

M. Alain Calmette. Excellent !

Mme Christine Pires Beaune. Je viens d’ailleurs de reprendre votre prétendu contre-budget, mais je dois dire que nous sommes bien embarrassés pour vous suivre, car j’aurais tout aussi bien pu reprendre le « choc de compétitivité » de 40 milliards de M. Copé, le projet de suppression de l’impôt sur le revenu des trentenaires de l’UMP ou le projet économique de 2017 de M. Fillon. Si l’on a bien du mal à vous suivre et à comprendre qui propose quoi, il y a une constante que tous les Français ont bien en tête : la majorité a placé la lutte contre le chômage au cœur de sa politique quand, dans le même temps, vous placez les plus favorisés et leur immense pouvoir d’achat au cœur de vos projets et de vos promesses.

Mes chers collègues, je vous invite à adopter ce projet de loi de finances qui permettra de relancer la croissance, de créer de l’emploi, avec un seul objectif qui devrait tous nous réunir : qu’il y ait demain beaucoup moins de chômeurs qu’aujourd’hui.(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)”

Partager :
  • Twitter
  • Facebook