Commission des finances : mon intervention lors de l’audition de Mme Agnès Bénassy-Quéré, économiste

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« Mme Christine Pires Beaune. Vous avez évoqué, s’agissant de l’égalité des chances entre les territoires, la santé, la mobilité et l’éducation : cette triade constitue-t-elle à vos yeux le panier essentiel et minimal ? Quid des infrastructures numériques et des réseaux de téléphonie mobile ? Car qui dit santé dit télémédecine, par exemple.

Mme Agnès Bénassy-Quéré. Le développement du numérique dans les territoires sous-équipés est un autre problème que celui des start-up, dont les métropoles restent le foyer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les services s’agglomèrent davantage que les industries car, outre qu’ils ont moins besoin de surfaces, le contact humain y joue un rôle moteur. Quoi qu’il en soit, le numérique peut contribuer à une diminution des coûts et à une montée en gamme de la médecine dans les territoires à faible densité.

Me taraude aussi la question de savoir comment développer des activités dans ces territoires déshérités. Le premier facteur peut être le prix du foncier, plus bas qu’ailleurs – et l’écart ira croissant. Cela peut intéresser les activités peu agglomérées et consommatrices d’espace. Le problème est que les salaires restent très homogènes au sein d’un même territoire : si celui-ci est déshérité, il ne peut jouer sur l’attractivité salariale – pour le dire autrement, ce sera le smic partout… Néanmoins, la proportion des personnes à bas niveau de qualification est plus élevée au sein des territoires déshérités : en toute logique, les allégements de charges devraient leur être plus profitables qu’aux métropoles – les évaluations du crédit d’impôt pour la compétitivité l’emploi – CICE – le confirmeront peut-être. »

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